Cliquez sur les images pour les agrandir

 

COMPTE-RENDU DE « LA COURSE DES LIONS »

Du 3 au 11 mai 2003.

 

AVERTISSEMENTS :

 

Le texte qui suit est destiné à tout public. Je l’ai écrit pour mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs, j’y ai mis tout mon cœur, ce serai le bonheur…et encore une fois ! Voilà c’est repartie, je me dis chaque fois que je dois faire plus court ou concis mais j’y arrive pas. Alors par pitié aidez-moi dites le sur mail du site si je vous casse les pieds ou si sa vous plait comme ça je vais être dans la m…. 

 

Lundi 28 avril   Sur la route des vacances.

 

Remis à l’eau depuis peu de temps, après 5 mois d’hivernage à terre pour bricoles et nouvelle peinture, le Ti Punch est près à appareiller de Bandol  pour rejoindre port Camargue, point de départ de « La course des lions ».

Etant officiellement qualifié et pré inscrit à la « Transat 6.50 2003 » il me reste néanmoins, comme le précise le règlement des « Minis », à participer dans l ‘année à une course du calendrier organisée par la classe. Partir et surtout arriver deviendra bientôt notre objectif principal avec Xavier Macaire, mon équipier co-skipper, pour une boucle de 500 milles nautique sur la petite bleue semée de coups tordues et diverses mistoufles tactiques sans compter les coups de vents et autres grands frais qui peuvent nous tomber sur le dos à une vitesse surprenante…spécialités locales du Golf du Lion.

Enfin, nous devrions avoir le temps de préparer le bateau et la nav durant les quelques jours qui nous sépare du départ, mais pour le moment convoyage de Bandol à Port-Camargue.

Il est 10h30 ce lundi 28 au matin. La météo nous annonce une belle journée pour faire glisser un proto 6.50, vent Est à Sud /Est force 3 à 4 Beaufort fraîchissant 5 à localement 6 sur la zone Lion. Pour faire découvrir les joies du Mini lors de ce convoyage, nous partons à quatre avec Audrey qui vient de terminer sa nuit de boulot à l’hôpital, Ronan le voileux, Xavier et moi.

A peine dépassé la Fourmigue de la baie de Bandol, grand voile haute (31 m2) nous établissons le spi asymétrique (85 m2) sur le bout-dehors orientable. Le Ti Punch démarre au quart de tour, à la moindre risée dans cette jolie brise, le speedo monte en flèche dépassant bien souvent les 10 nœuds avec une stabilité et une précision de barre du bateau qui s’accroît au fur et à mesure de l’accélération…formidable !

Nous déboulons bâbord amure, au large des calanques de Marseille, nous laissons l’île du Planier et son phare à tribord, suit le coin pourris par les raffineries du Golf de Fos, puis nous entrons dans les eaux chargées de limon de la Camargue, à la hauteur du phare de Faraman que nous ne voyons pas.

Le bord de folie sous spi continu, le vent est maintenant bien établis, environ 20 nœuds, et des risées plus fortes rendent la situation un peu périlleuse au niveau de la conduite du Ti Punch. Ce dernier ne demande qu’à accélérer mais nous sommes trop nombreux à bords avec en plus beaucoup de matériel. Le Titi plante maintenant franchement son étrave dans les vagues que nous rattrapons après des surfs à plus de 15 nœuds, le pont est submergé tout le monde à le cul trempé, ça devient chaud à la barre dans les coups de frein entre départ au lof et départ à l’abattée son cœur balance…il faut bientôt empanner pour se recaler vers la côte, c’est le moment de calmer le jeu, affalement du spi, un ris dans la grand voile puis empannage. La vitesse tombe sur le nouveau bord à 8/10 nœuds, qu’elle tristesse, plus de stress. Qu’à cela ne tienne, nous renvoyons un foc de brise à guindant libre avec la drisse de spi de capelage  bien étarquée, en plus du solent et de la GV à un ris.

Tout de suite le bateau repart en surf à 14 nœuds, c’est mieux !

Nous nous approchons  de la côte Camarguaises, basse et inhospitalière pour les navigateurs car sans surélévations, sans compter les nombreux bancs de vase qui se déplacent au grés des saisons par les forts courants, rendant les approches côtière malsaines dans ces eaux boueuse, voir dangereuses entre Les Saintes Marie de la Mer et la pointe de l’Espiguette.

Ce n’est pas le moment de s’échouer, surtout par vent d’Est, 10 mètres de fond au sondeur, nous ré empannons illico pour nous dégager des eaux déjà trop trouble malgré le relief d’une plage indiscernable qui pourrai nous faire croire que nous naviguons en eau saine…danger.

Le convoyage tire à sa fin en même temps que la journée, dans le Golfe d’Aigues-Mortes le soleil joue pour la dernière fois de ses rayons à une partie de cache-cache avec les nuages épais, mauvais perdant à l’humeur orageuse. Nous approchons maintenant de port Camargue savourant tous notre journée de navigation les sourires aux lèvres.

Les amarres passées à 21h00, au ponton des Minis nous virons quelques sacs du Titi avant d’aller se caler dans un petit resto en attendant l’ami Gaël notre « logeur » au grand cœur qui nous rapatriera sur Montpellier. Là nous faisons les comptes de la journée ; 90 milles nautique entre Bandol et Port Camargue, départ à 10h30 arrivé à 21h00, égal 10h30 de navigation soit une vitesse moyenne toute proche de 9 nœuds. Vive les luges de 6.50 mètres ! 

 

Du mardi 29 avril au vendredi 2 mai.   Bricole à tous les étages. 

 

Les quelques  jours qui nous séparent du départ suivent un rythme soutenu. Nous partons à l’aube de Montpellier avec Gaël qui travail à la voilerie Ettore Yachting. Arrivé

à Port Camargue le Xav et moi, nous nous posons dans un bistro le temps de faire notre liste de choses à acheter, poser ou modifier dans la journée au niveau du gréement dormant et courant (les câbles et les bouts), le plan de pont, l’armement de sécurité, mais aussi l’administratif d’avant régate, inscription, visite de contrôle avec plombage des batteries, bidon de survie ainsi que du radeau, numéro de codage de la balise de détresse… Xavier et moi abattons une foule de petits travaux de détails qui valent leur pesant de cacahuète pour que tout puisse fonctionner parfaitement au niveau des manœuvres que nous devrons réaliser jour et nuit. L’objectif étant le plus de simplicité possible pour limiter les risques de cafouillages qui peuvent se transformer en casse matériel, voir en risque physique de blessure ou d’homme à la mer. Je pense que les marins qui partent en navigation n’ont pas peur de ce qu’ils pourront  rencontrer durant leur périple car c’est toujours une nouvelle découverte, mais ils sont souvent tendus, parfois effrayés par le manque, ou le simple oublis dans la préparation de leur bateau à terre.

Toutes ces petites choses à faire me font courir après le temps et l’argent depuis que j’ai compris que pour être bien en mer, il faut que le bateau soit suffisamment près.

Pour « La course des Lions » en double nous en voyons le bout grâce à Gaël, qui comme à son habitude a été au top en nous évitant un bon nombres de galères en plus de ses œuvres culinaires réalisées a point d’heures après le boulot. Plaisirs de la bouche avant d’attaquer la bouffe déshydrater pendant une petite semaine sur Ti Punch que Gaël connaît bien suite au « Triangle du Soleil », course parcourues ensemble durant l’été 2000.

Aller au pieu, comme d’hab, il est déjà une heure du mat, réveil tout à l’heure à 6h00 pour la dernière journée de préparation.

C’est vendredi, réveil zombie et c’est r’partie ! Bricoles du matin sur le Titi suivis des grosses courses pour la semaine dans l’après midi et rebricoles dans le mât pour moi tandis que Xavier termine quelques épissures sur le pont. Il est temps de descendre à terre rejoindre les amis coureurs pour le traditionnel repas des équipages organisé par la Société Nautique du Grau du Roi Port Camargue. Pas de débordement de carafe, demain c’est le départ et pour une fois nous nous couchons relativement tôt, dans le Ti Punch cette nuit.

 

A Bientôt pour la suite ...